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dimanche 24 janvier 2016

160119 Grottes et rochers


Ce matin, nous prenons congé d'Edna et de sa charmante famille et nous rendons à la gare routière. Comme d'habitude, cela ne prend que très peu de temps de trouver un bus ; ou plutôt, c'est lui qui nous trouve car il y a toujours un contrôleur attentif en quête de clients pour son véhicule.




A peine installés, nous faisons la connaissance de nos voisins, un couple de jeunes Québécois, Jessica et Gabriel, qui font comme nous un grand voyage dans ce beau pays. Ils se dirigent vers Dambulla et ses fameux temples troglodytiques (Golden Rock Temple ou aussi Royal rock temple...). C'est également notre but d'excursion d'aujourd'hui, mais nous voulions d'abord passer à Sigiriya, où se trouve notre hôtel, pour y déposer nos grosses valises. Finalement, il est beaucoup plus simple d'aller directement à Dambulla et de visiter les grottes, avant de rejoindre Sigiriya; cela nous évite un aller-retour inutile entre les deux localités et nous trouverons certainement un endroit où déposer nos valises pendant la visite.



Immanquablement, le trajet est haut en couleurs car tous les chauffeurs de bus semblent avoir la même conduite téméraire, voire carrément suicidaire! Celui d'aujourd'hui se permet même de faire semblant de foncer sur un piéton au bord de la route. Visiblement c'est un ami et le conducteur comme le contrôleur sont ravis de leur "blague"! Ambiance…



Dambulla, ville encombrée de véhicules en raison de la présence d'un important marché de gros. A notre descente de bus, il ne faut pas attendre bien longtemps avant de trouver un tuk-tuk; son chauffeur est même d'accord de nous attendre pendant que nous visitons les grottes et de nous emmener ensuite à Sigiryia. Une bonne chose de faite!



Une bonne nouvelle en appelant une autre, nous apprenons que la visite sera gratuite en raison, apparemment, d'une grève du personnel! Nous en profitons pour demander si ceux de Sigiriya rock sont aussi en grève, car à  Nous démarrons l'ascension d'une série d'escaliers qui mènent jusqu'aux grottes, sous la chaleur habituelle. Nous avons hâte de nous y rafraîchir, mais devons vite déchanter car l'intérieur n'est pas si frais que cela!



Les grottes étaient un lieu de culte au Ier siècle avant J.-C., lorsqu'un souverain chassé d'Anuradhapura vint s'y réfugier. Après avoir récupéré le pouvoir, il fit sculpter l'intérieur des grottes et les transforma en temples troglodytiques. Les rois suivants ajoutèrent des peintures au fil du temps, retouches et nouvelles oeuvres se succédant jusqu'au 20ème siècle. Les cinq cavités successives, dont la plus grande mesure 52 mètres sur 23, sont remplies de statues de Bouddha et les parois sont presque entièrement peintes. On y trouve aussi quelques divinités hindoues.

En sortant, nous croisons Jessica et Gabriel, qui ont fait le trajet à pied depuis la gare routière. Nous les reverrons probablement à Sigiriya ce soir ou demain…



Nous rejoignons ensuite notre hôtel de Sigiriya, petit village au pied du spectaculaire rocher du même nom, dont le sommet aplati est couvert de vestiges d'une ancienne civilisation. L'ascension se fera demain matin, car il est plus que conseillé de venir tôt le matin pour éviter la chaleur sur ce site quasiment sans ombre.


Pour aujourd'hui, et après un plongeon bienvenu dans la piscine de notre hôtel avec vue sur le rocher de Sigiriya, nous nous contenterons d'escalader le rocher de Pidurangala, un homologue plus discret situé un peu plus au nord pour 500.-Rs/p. La vue sur le rocher de Sigiriya au coucher du soleil y est paraît-il magnifique…



La montée n'est pas aussi longue que prévue : on nous indiquait une heure, alors que nous y arrivons en une vingtaine de minutes en grimpant les marches qui montent dans la jungle. Le sentier se termine juste au-dessous de la partie rocheuse, qu'il est possible de rejoindre en se faufilant à travers de gros blocs. Un passage un peu plus aventureux, mais ô combien récompensé par un panorama à couper le souffle : la plaine environnante se dévoile devant nos pieds, de même que les montagnes dans le lointain et le rocher de Sigiriya au premier plan. Nous déambulons sur la roche en pente pour profiter de tous les pointes de vue. Et retrouvons à nouveau nos amis de la Belle Province!



L'affluence se fait plus forte à mesure que le soleil baisse. Son coucher est de toute beauté, une boule rose foncé sur l'horizon. Cinq minutes après, il n'y a plus personne! Sauf nous, pour quelques photos dans la lueur du crépuscule, puis dans la nuit (éclairée par une grosse lune). Heureusement, nous avons de bonnes lampes frontales pour le retour, sans quoi le passage dans les rochers pourrait se révéler très compliqué.

Pour clore en beauté cette superbe journée, rien de mieux qu'un excellent massage des pieds de 30 minutes dispensé dans le centre ayurvédique de notre hôtel pour 2500.-Rs/p. Nous serons fin prêts pour la marche de demain!







vendredi 22 janvier 2016

160118 La cité ancienne de Polonnaruwa

De nouveau, le parcours brut avec les photos géolocalisées réalisé de la journée en cliquant sur la carte a-trip ci-dessous.

De retour de bonne heure dans les ruines de l'ancienne cité de Polonnaruwa, nous explorons en premier lieu le Quadrilatère, un ensemble très compact de vestiges sur un terrain surélevé et entouré d'un mur. Il y a notamment un dagoba miniature entouré de colonnes à l'aspect de tiges de lotus surmontées de bourgeons fermés, ou un temple qui aurait abrité la dent de Bouddha.


Tenue d'écolier, un des trois enfants de notre logeuse.



En remontant vers le nord, nous repassons vers les monuments déjà vus avant-hier au soleil couchant. Cette fois, nous pouvons nous aventurer un peu plus et découvrir les monuments situés aux alentours : salle des supérieurs du monastère, bassin en forme de lotus ou temple conservant encore de très belles fresques et des sculptures remarquables. Les quatre bouddhas célèbres du site de Gal Vihara sont aussi fascinants dans la lumière du jour qu'ils l'étaient sous l'éclairage des projecteurs.




A la mi-journée, la chaleur est intense et nous nous réfugions dans un restaurant surplombant le lac pour une pause bien méritée. En sortant, il n'y a que quelques pas à faire pour découvrir des ruines superbes au bord de l'eau, et quelque peu désertées par les touristes. La Salle du Conseil royal abrite un superbe lion sculpté trônant majestueusement au milieu d'une forêt de colonnes.



Pour éviter encore un peu la chaleur, rien ne vaut la visite du musée archéologique qui se trouve tout près, d'ailleurs c'est aussi l'unique guichet pour acheter les billets (25$ ou 3500.-Rs) d'entrée au site. Il présente de belles sculptures et quelques bronzes très fins, ainsi que d'intéressantes photos du site avant/après permettant de se rendre compte de l'importance des travaux de restauration. Et surtout de découvrir à quel point toute la zone avait été envahie et recouverte par la nature! Il doit sûrement y avoir encore beaucoup à faire pour les archéologues. Nous avons d'ailleurs croisé un site où un monument était en cours d'"exhumation".




Lorsque le soleil descend vers l'horizon, nous revenons au Quadrilatère éclairé par la soleil couchant,  puis au Palais royal noyé dans la nuit mais éclairé par la lune croissante et envahi par les animaux (chiens, chitals, avant le passage probable dans la nuit de quelques éléphants).

jeudi 21 janvier 2016

160117 Cache-cache avec les éléphants

C'est dimanche! Une bonne grasse matinée s'offre à nous avant l'heure du copieux petit déjeuner. Nous profitons ensuite de la terrasse devant notre chambre en attendant que l'organisateur du safari passe nous chercher vers 13h. La chaleur est déjà écrasante…


A l'heure dite, nous voyons arriver un genre de pick-up équipé de bancs latéraux et couvert d'une bâche. Il faut encore passer chercher quatre autres participants; nous sommes également rejoints par un autre véhicule du même organisateur. Nous empruntons ensuite la route qui mène à Habarana, où nous bifurquons vers le nord en direction de l'éco parc d'Hurulu. Là, le chauffeur paie nos entrées et retire la bâche au-dessus de nos têtes pour que nous puissions nous mettre debout et voir au mieux.



Le départ se fait un peu à la file indienne, tellement il y a de véhicules présents. Espérons que cela n'effraiera pas les animaux! Au moins, nous avons déjà vu un éléphant qui se trouvait près de la route entre Polonnaruwa et Habarana. En voilà un deuxième, peu après le départ. A quelques mètres de nous, un peu caché dans la végétation! C'est un bon début!



Nous continuons ensuite sur les pistes défoncées du parc, les jeep les unes derrière les autres, leurs occupants à l'affût du moindre mouvement animal. Rester debout est difficile tellement la route est chaotique. Il faut dire aussi que notre véhicule n'est pas de première fraîcheur, et le chauffeur pas de première qualité et peu attentif à ses passagers.



Peu de vie à l'horizon, si ce n'est quelques rares oiseaux et un ou deux singes. En revanche, les véhicules sont de plus en plus nombreux, débouchant de toutes les pistes et essayant de se passer les uns devant les autres!



Après une longue et inconfortable virée, nous apercevons enfin au loin quelques pachydermes qui s'éloignent de nous au loin. Vite, tout le monde prend le même chemin pour tenter de les rattraper. C'est un peu l'heure des embouteillages dans la jungle! Mais finalement nous y parvenons : ce qui nous croyions être un petit groupe d'une demi-douzaine d'individus se révèle être un joli troupeau d'au moins une vingtaine d'éléphants, des adultes et un certain nombre de petits. Ils se fondent assez bien dans la haute végétation et engloutissent leur quota de verdure à tour de trompes! C'est la cohue des pick-up qui se pressent pour trouver la meilleur place et s'approcher au plus des animaux. Il doit y avoir pratiquement autant de jeeps que d'éléphants, avec une demi-douzaine de passagers à chaque fois. Finalement, tout cela semble un peu grotesque, une horde de touristes surexcités qui se bousculent par véhicules interposés devant ces éléphants heureusement très placides. Le terme "éco" à l'entrée du parc aurait pu laisser penser qu'il s'agissait de quelque chose d'un peu moins "industriel", même si nous ne boudons pas notre plaisir d'avoir pu voir autant d'éléphants d'aussi près.



Au retour, notre chauffeur veut nous faire passer par un autre parc naturel situé à proximité, mais celui-ci est déjà fermé. Nous revenons donc à Polonnaruwa en longeant un beau réservoir où nous voyons encore quelques oiseaux. C'est ensuite fourbus, épuisés et plus crasseux que jamais que nous retrouvons notre guesthouse pour un bon repas et une douce douche chaude!

mercredi 20 janvier 2016

160116 Virée épique vers Polonnaruwa

Départ ce matin pour Polonnaruwa, autre coeur du royaume cinghalais il y a mille ans en arrière. Nous voulions tenter de faire le trajet en train, ce qui implique un changement en cours de route, mais les horaires et la faible fréquence nous en ont dissuadés. A la place, nous nous rendons à la gare routière où nous sommes très vite dirigés vers un bus à destination de Colombo, qui nous déposera à Habarana, d'où nous prendrons une correspondance.



Le bus n'est pas climatisé, mais les portes et fenêtres constamment ouvertes nous procurent des courants d'air agréablement rafraîchissants. Joli parcours d'environ cent kilomètres à travers la plaine et les rizières. Le bus s'arrête régulièrement pour laisser monter ou descendre les gens, il y a des arrêts de bus un peu partout.

A Habarana, nous ne sommes pas seuls à attendre le bus pour Polonnaruwa. Le premier qui se présente est déjà plein, et vu le monde qui tente encore d'y monter, nous renonçons (surtout avec nos grosse valises). Quelques minutes après, un autre bus arrive. Bien rempli aussi, mais le contrôleur nous aide à coincer nos valises au mieux et nous pouvons nous installer.


Cette partie de la route est nettement plus sinueuses que le trajet jusqu'à Habarana. Pourtant, le chauffeur conduit beaucoup plus vite et dépasse tout ce qui se trouve devant lui sans le moindre état d'âme. C'est à peine s'il ralentit dans les (nombreux) virages! Les passagers n'ont pas l'air de s'en offusquer outre mesure, mais ils s'accrochent à la poignée de leur siège pour ne pas être trop déportés dans les courbes! Amusant et effrayant à la fois! Sûr qu'à cette allure nous serons vite à destination…


En chemin, nous avons la chance de croiser un éléphant, qui se régale de feuillages au bord de la route. Le premier que nous voyons, et probablement pas le dernier.


En un peu moins d'une heure, nous atteignons Polonnaruwa, agréablement sise au bord d'un grand réservoir et nichée dans la végétation. Un tuk-tuk nous emmène à notre guest house, une petite pension familiale où tout le monde met la main à la pâte pour aider les clients. Nous en profitons pour louer la moto du proprio pour 1500.-Rs/j (200cc) et partir découvrir les ruines disséminées au sein de la ville.


Comme il est déjà le milieu d'après-midi, nous n'aurons pas le temps de tout faire. Un jeune homme à l'entrée du site nous propose de nous guider à travers les différents monuments en nous fournissant les explications nécessaires. Excellente idée, cela nous permettra de mettre au mieux à profit le temps dont nous disposons avant la nuit.


Polonnaruwa fut la capitale des roi cinghalais pendant environ trois cents ans et atteignit son apogée au 12ème siècle. Plus récente qu'Anuradhapura, elle aussi mieux conservée. Les vestiges sont répartis en plusieurs groupes allant du sud au nord en partant de l'entrée. Nous commençons par la visite du Palais royal, dont subsiste une partie des murs et qui aurait compté jusqu'à sept étages, les derniers probablement en bois. L'un des rois les plus importants de la dynastie y vivait avec ses cinq femmes et ses cent concubines, selon notre guide.


Plus loin, le mélange des cultures nous fait croiser des temples hindous parmi les monuments dédiés au bouddhisme. Enfin, à la faveur du jour qui décline, nous visitons les sites situés tout au nord pour profiter d'une belle lumière.



Le splendide Lankatilaka et ses murs de 17 mètres de hauteur contenant un bouddha debout (sans tête), le petit Kiri Vihara, un dagoba blanc non restauré mais très bien conservé, et surtout le Gal Vihara et ses quatre magnifiques statues. Le Bouddha couché de 14 mètres est particulièrement remarquable. Il n'est pas dans la position du sommeil mais dans celle du parinirvana, c'est-à-dire le nirvana après la mort. Notre guide nous explique que la différence entre les deux positions se trouve dans certains détails, tels que le non alignement des orteils, la position du bas de l'habit sur les jambes ou encore le fait que la poitrine soit assez plate, trahissant l'absence de respiration.


La nuit s'est installée et les monuments sont magnifiquement illuminés. Notre guide nous laisse là, devant rendre le scooter qu'il a emprunté pour nous accompagner. Nous nous attardons encore un peu sur le site, et passons même rapidement au Quadrilatère, une zone splendide et pourtant déserte malgré les projecteurs qui mettent l'endroit en valeur. Il faudra revenir ici de jour!


De retour à la pension, nous nous régalons d'un excellent repas typiquement sri lankais fait maison par notre hôtesse. Sur ses conseils, nous décidons de réserver l'après-midi du lendemain pour un safari dans les parcs naturels de la région. Cela nous permettra de revenir visiter les ruine lundi en toute décontraction, lorsque l'affluence du week-end sera passée.